02 janvier, 2007
07 décembre, 2006

Petit essai raté de planche
Voila... La planche est ratée, dans le sens où elle doit être encore améliorée. Refaire des cadrages, virer des traits parasites, étudier une version en couleur directe, c'est en gros les choses qui doivent être envisagées.
Bref... le monde ne s'est pas fait en 7 jours ! La bonne nouvelle, c'est que je ne me suis pas fait jeter comme une bouse, mais que les critiques données par plusieurs professionnels du milieu de la Bede ont été plutot encourageantes. On reprend les pinceaux, et on recommence !
23 octobre, 2006

Anniversaire (s)Le mois d'octobre se termine, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il a été bien rempli. Le boulot s'entasse, mes passages par ici se font donc moins fréquents. Ce serait quand même vaaaaachement plus cool si, d'une part, les journées faisaient 36 heures au lieu de 24, et si, d'autre part, la plupart des gens que j'apprécie évitaient d'avoir leur anniversaire au mois d'octobre...
Enfin, la place que ces gens prennent dans ma petite vie est assez importante pour que je leur envoie une carte d'anniversaire personnalisée, dont le dessin varie selon la sensibilité de la personne qui vieillit d'un an en un jour...
18 septembre, 2006

Les 2 versions du Commandant Sato
Toujours en plein travail de recherche sur l'univers de Snow Walker, j'ai pris le temps d'imaginer un personnage secondaire. Impossible de savoir si ce dernier aura un rôle déterminant ou pas, ou s'il ne sera que dans le fond d'une case à faire de la figuration. L'idée, ici, est de travailler sur la suite graphique, le style de plus en plus souple que j'essaie de discipliner... J'ai l'impression d'être à des années lumières de ce que j'ai eu l'habitude de faire jusqu'à présent.
Notre ami, le commandant Sato, est ici, comme pour tous les autres dessins de Snow Walker, dessiné au feutre, encré au marker et au feutre-pinceau, puis, colorisé par ordinateur sous photoshop 6.0... Oui, une vieille version parce que la suite CS elle coûte toujours la peau des couilles !
15 août, 2006
13 août, 2006
Snow Walker
Il s'est passé pas mal de temps depuis mon dernier passage sur ce Blog... il faut dire aussi que ce n'est pas le travail qui manque en ce moment, et le moins que l'on puisse dire c'est que les journées ne durant que 24 heures, il est assez difficile de donner régulièrement des nouvelles.
Voila donc quelques trucs qui sont en train de naître dans l'imagination d'un scénariste que j'ai rencontré et qui est inspiré par ma manière de voir les choses. Voici 4 images préparatoires d'une histoire qui débute par un plan sur un homme en train de marcher dans la neige...
Enjoy !
Il s'est passé pas mal de temps depuis mon dernier passage sur ce Blog... il faut dire aussi que ce n'est pas le travail qui manque en ce moment, et le moins que l'on puisse dire c'est que les journées ne durant que 24 heures, il est assez difficile de donner régulièrement des nouvelles.Voila donc quelques trucs qui sont en train de naître dans l'imagination d'un scénariste que j'ai rencontré et qui est inspiré par ma manière de voir les choses. Voici 4 images préparatoires d'une histoire qui débute par un plan sur un homme en train de marcher dans la neige...
Enjoy !
25 mai, 2006
Calixte
Le conflit latent entre les inspecteurs en chef Oscar Wayne et Calixte Saint John n’est pas apparu d’une manière spontanée, un peu à la manière bien à eux qu’ont les conflits entre employés d’une même boîte de naître, pour une raison le plus souvent futile.
Non.
Si Calixte en veut à Oscar, c’est parce qu’elle a autant d’orgueil qu’elle fut maladroite ce jour là. Si Calixte en veut à Oscar, c’est aussi parce que cet enfant de la rue qui a trop grandi, a employé une fois de plus, une fois de trop, ses bonnes vieilles méthodes atypiques, qui ont le mérite d’horripiler la police des polices, sans pour autant que celle-ci ne puisse envisager quoique ce soit envers lui. Mais si surtout Calixte en veut actuellement à Oscar, c’est parce qu’au-delà d’être coéquipiers, ils étaient amis, à cette époque. Calixte avait la fraîcheur de la femme fraîchement mutée, désireuse de faire ses preuves dans l’un des endroits les plus dangereux du monde occidental, et « civilisé ». Il fallait qu’elle apprenne les dures réalités du terrain, et c’était Oscar qui lui appris toutes les ficelles de ce métier de policier.
Bref, la colère de Calixte d’aujourd’hui envers Oscar n’a d’égal que la confiance qu’elle portait à cet homme, durant les durs mois d’une enquête d’infiltration qui amena Calixte à se fondre au sein de l’un des gangs les plus dangereux du moment.
C’était un jour où il faisait chaud. La nuit tombait tard dans cette saison d’été de plomb et de canicule, et la ville respirait par tous les pores de sa peau sa pollution caniculaire, obligeant les personnes les plus fragiles à porter des masques de protections, lorsqu’elles devaient sortir de leur domicile, chose fortement déconseillée par les autorités locales.
Ce jour là, Oscar réglait le radio micro minuscule sur la poitrine de Calixte La femme, confiante dans les gestes de l’homme n’aurait jamais osé supposer que ses seins lourds provoquaient de malheureux fantasmes dans l’esprit tordu du policier, et elle ne se trompait pas sur ce point.
- « C’est bon », dit-il « c’est réglé. Je saurai tout ce qui se passe durant ta prise de contact auprès du gang »…
Le mot fit frémir la jeune femme. Le gang en question avait littéralement saigné un quartier, et terrorisait une bonne partie de la ville. A ce stade, il était difficile de parler de gang à proprement parler. La terreur était palpable, et le comportement de la bande de criminels faisait plus penser à celui d’une milice armée, plutôt qu’a une bande de petites crapules aux rêves de grosses bagnoles.
- « Ca va aller ? » dit Oscar
- « Je pense que oui…
- Ecoute… » continua-t-il « Fait vraiment gaffe à tes fesses, ces gars sont sérieux. Ne commets aucune erreur par rapport à ce que tu leur raconteras, et ils accepteront ta… « candidature »
- Je sais, Oscar, je sais » lui répondit-elle sur un ton mêlant crainte et exaspération « On a répété ce con de rôle je ne sais combien de fois. T’inquiètes et te fais pas de bile, merde… »
Oscar la regarda droit dans les yeux. A ce moment là, il était bien incapable de savoir lequel des deux avait le plus la frousse. Une main ferme cogna ses phalanges contre la portière de la camionnette. Le couple étrange se dévisagea, profitant de quelques secondes de silence.
- « C’est le signal » dit d’une voix imperceptiblement tremblante la jeune femme « je dois y aller.
- Oui, je sais… Ecoute, je sais que je vais me répéter. Fais vraiment gaffe à ce que tu vas raconter. Ca fait plusieurs jours qu’on dort mal à cause de ces enfoirés, ce n’est pas le moment de se faire plomber par un lapsus ou une phrase malheureuse. Dans le camion, j’entendrai tout, si je vois que ça merde, j’appelle la cavalerie, vu ? »
Calixte fit face à Oscar, et sans le quitter des yeux, elle enfila son blouson de cuir, comme si c’était la dernière fois.
- « Vu »
Elle ouvrit la porte coulissante d’un geste souple de la main, et ferma derrière elle. Les caméras de surveillance de la zone affichèrent à l’écran le trajet de la policière. Oscar prit une cigarette, et alluma le pupitre d’écoute. Les yeux électroniques suivaient le parcours de la femme, accompagnée du contact interne à la bande qui marché à côté d’elle, celui là même qui venait de taper à la porte de la camionnette. Les volutes de fumée peuplèrent l’habitacle du véhicule de surveillance de l’étrange lumière bleutée des écrans de surveillance. Le son était correct, et restituait les banalités que s’échangeaient l’indic et Calixte Tout se passait pour le mieux, et la policière entra sans problème dans le bâtiment. Des sons de discussion envahirent le casque de Oscar.
- « Aaahh ! Ca y est poupée, on va t’affranchir ! C’est sûr qu’tu nous intéresse…
- Ah ouais ? C’est bon ? » répondit l’accent caractéristique de la policière.
- « Ouais ! Sûr… On va juste vérifier tes poches avant, comme d’hab, ok ?
- Ok »
Les bruits d’une fouille à corps commencèrent, pour cesser qu’une poignée de secondes plus tard.
- « Putain ! Mais r’garde ça ! » dit une voix masculine « elle est armée ! »
Si les yeux de Oscar avaient pu sortir de leurs orbites, il les aurait retrouvés sur le pupitre. « Putain… » pensa-t-il « j’ai même pas fait gaffe si elle avait laissé son calibre ! ». La bévue était de taille. « Pourvu que ça soit son arme perso ! ».
- « Merde ! » continua l’homme invisible « c’est une arme de flic ! »
- « Merde » répondit en écho Oscar « c’est son arme de service ! »
Oscar jeta sur le côté le casque, et essaya d’avoir un contact radio.
- « Ici véhicule d’observation 2, répondez, merde, c’est une urgence ! »
Les parasites lui répondirent en guise d’accusé réception.
- « Fait chier ! » hurla le flic.
Il sortit du tiroir une oreillette pour avoir le feedback de la suite des évènements, et sortit en trombe du compartiment, pour sauter sur la place du chauffeur. Manifestement ça tournait à l’aigre. Calixte criait à qui voulait bien l’entendre qu’elle avait volé l’arme à un agent, pendant que l’indic se justifiait sur le fait qu’il ignorait complètement si elle était flic ou non.
- « Craque-pas-putain-craque-pas-putain-craque-pas-putain » lança Oscar dans une étrange prière répétitive.
Il mit le contact et lança le véhicule. A l’autre bout du micro, l’agitation continuait, et les ordres fusaient en directions des lieutenants de la bande. Ces enfoirés comptaient faire causer Calixte d’une manière ou d’une autre. La dernière fois que ces types avaient voulu avoir des renseignements, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils avaient cuisiné la victime façon « médiévale ». Le corps avait été retrouvé 16 heures après le décès, dans un état qui laissait l’imagination galoper quant au potentiel de barbarie dont ces gens étaient capables. Le type ressemblait à un étrange mélange d’une toile de Picasso avec une œuvre de Francis Bacon. Les coupures profondes se transformaient par endroit en crevasses brûlées, des lambeaux de peau pendouillaient lamentablement autour de la carcasse du malheureux, dont les bras se terminant sur les restes de mains sans doigt, étaient transpercés à des crochets de boucher. « L’œuvre d’art » pendait à cinquante centimètres du sol.
A l’autre bout du fil à sens unique, les ordres se succédaient.
- « Mais non… on sait qu’t’es pas flic, mais on va juste vérifier.
- Lâchez-moi, vous m’faites mal… Aaaah !
- Ta gueule ! On va pas t’faire mal…Enfin, pas ici ! Rico, Günter, vous m’emmener cette p’tite pute dans le local… On verra si elle raconte des salades.
Alors qu’Oscar arrivait au bout de la rue, il vit la voiture noire attendre portes ouverte l’arrivée de la jeune femme, solidement tenue par deux hommes, pendant qu’un troisième, le chauffeur sans doute, attendait près du véhicule. Oscar fit gueuler le moteur de la camionnette, et atteignit ainsi son but : attirer l’attention. Oscar vit distinctement les visages se retourner pleins de stupeur, celui de Calixte compris. Oscar ouvrit la porte de la camionnette rageusement, et sortit déterminé du véhicule. Ce fut le chauffeur de la voiture qui rompit le silence.
- « Putain ! Mais c’est quoi c’bordel…
- Ta gueule ! Police ! » lui coupa sèchement Oscar sans interrompre sa marche vive en direction de Calixte « Cécilia Goribovitch ? » lança-t-il en direction de Calixte
Cécilia était le nom qu’ils avaient choisi pour construire la fausse identité de délinquante à Calixte, pour assurer sa couverture.
- « O… Oui ? »
Le poing de Oscar partit à une vitesse fulgurante en direction de l’estomac de la jeune fille, encore tenue par les hommes de main du gang. Elle eut le souffle littéralement coupé, et jamais elle n’avait supposé qu’un coup de poing dans l’abdomen fut si douloureux.
- « Oooof ! » hurla-elle
La tête penchée vers l’avant, elle ne vit pas le genou partir en direction de son visage. Le cartilage nasal cassa dans un crac sinistre, éclaboussant de sang la chaussée.
- « Huugnnn… »
Vif comme l’éclair Oscar dégaina son arme montra sa plaque aux petits truands, juste à temps pour qu’ils se retiennent dégainer à leur tour.
- « Vous mêlez pas d’ça ! Si c’est vot’ copine, trouvez-lui un putain d’avocat ! » Hurla-t-il en direction du groupe de jeune.
- « Mmmmerde… » Balbutia Calixte, pliée à genou sur le goudron, admirant la flaque de sang qui grandissait « Qu’est ce…
- TA GUEULE ! » coupa Oscar.
Il la saisit alors par les cheveux, la faisant hurler de douleur, et l’envoya balader jusqu’à ce quelle s’écrase comme une chose désarticulée sur le devant de la camionnette, laissant des traces rouges sur le capot blanc. Elle s’étala de tout son long sur la chaussée, à plat dos.
- « Heuuu… M’sieur… » lança timidement le chauffeur « on peut savoir c’qu’elle a fait ? »
Oscar était déjà sur elle, saisissant l’un de ses bras, et le bloquant en bec de canne, tendant son articulation du coude vers lui. La violente pression exercée sur le bras lui arracha un cri de douleur, et il la retourna comme une crêpe, face contre terre.
- « Cette connasse vient de faire une agression sur agent, et lui a tiré son arme…. Allez hop ! Au trou ! »
Les gangsters étaient ébahis. Pour couronner le tout, une voiture de patrouille, qui passait par hasard dans le coin, se mêla du problème. Oscar colla les bracelets à Calixte de la manière la plus désagréable possible, et la releva sans ménagement.
- « mmaaiis… mais…
- Y a pas d’« mais », ta gueule, poufiasse ! » Acheva Oscar.
Deux flics en uniforme sortirent de la voiture pie, et Oscar les héla.
- « Vous me coffrez cette conne pour agression sur agent et vol d’arme !
- Bien » répondit l’une des deux bleusailles
- On a un avocat » lança le chauffeur à Calixte « On va te sortir de là ! »
« Gagné » se mit à penser Oscar « elle vient de se faire affranchir ». Et là, au moment où il vit disparaître le visage de Calixte dans la voiture de police, il vit le regard noir de colère de la jeune policière le fixer, plein de hargne.
- « Z’avez beau êt’ flic… » lui lança un des jeunes « … vous êtes qu’un putain d’enculé »
Les jeunes disparurent dans le local, à l’exception du chauffeur qui partit avec sa voiture, s’éclipser dans une sombre intersection de rue. Oscar se remit au volant de la camionnette, et mit le contact. Trois pâtés de maisons plus loin, il enleva l’oreillette, et la lança sur la place du mort. Il pila, stoppant la camionnette au milieu de la rue, et il se mit à pleurer comme un bébé.
Le conflit latent entre les inspecteurs en chef Oscar Wayne et Calixte Saint John n’est pas apparu d’une manière spontanée, un peu à la manière bien à eux qu’ont les conflits entre employés d’une même boîte de naître, pour une raison le plus souvent futile.Non.
Si Calixte en veut à Oscar, c’est parce qu’elle a autant d’orgueil qu’elle fut maladroite ce jour là. Si Calixte en veut à Oscar, c’est aussi parce que cet enfant de la rue qui a trop grandi, a employé une fois de plus, une fois de trop, ses bonnes vieilles méthodes atypiques, qui ont le mérite d’horripiler la police des polices, sans pour autant que celle-ci ne puisse envisager quoique ce soit envers lui. Mais si surtout Calixte en veut actuellement à Oscar, c’est parce qu’au-delà d’être coéquipiers, ils étaient amis, à cette époque. Calixte avait la fraîcheur de la femme fraîchement mutée, désireuse de faire ses preuves dans l’un des endroits les plus dangereux du monde occidental, et « civilisé ». Il fallait qu’elle apprenne les dures réalités du terrain, et c’était Oscar qui lui appris toutes les ficelles de ce métier de policier.
Bref, la colère de Calixte d’aujourd’hui envers Oscar n’a d’égal que la confiance qu’elle portait à cet homme, durant les durs mois d’une enquête d’infiltration qui amena Calixte à se fondre au sein de l’un des gangs les plus dangereux du moment.
C’était un jour où il faisait chaud. La nuit tombait tard dans cette saison d’été de plomb et de canicule, et la ville respirait par tous les pores de sa peau sa pollution caniculaire, obligeant les personnes les plus fragiles à porter des masques de protections, lorsqu’elles devaient sortir de leur domicile, chose fortement déconseillée par les autorités locales.
Ce jour là, Oscar réglait le radio micro minuscule sur la poitrine de Calixte La femme, confiante dans les gestes de l’homme n’aurait jamais osé supposer que ses seins lourds provoquaient de malheureux fantasmes dans l’esprit tordu du policier, et elle ne se trompait pas sur ce point.
- « C’est bon », dit-il « c’est réglé. Je saurai tout ce qui se passe durant ta prise de contact auprès du gang »…
Le mot fit frémir la jeune femme. Le gang en question avait littéralement saigné un quartier, et terrorisait une bonne partie de la ville. A ce stade, il était difficile de parler de gang à proprement parler. La terreur était palpable, et le comportement de la bande de criminels faisait plus penser à celui d’une milice armée, plutôt qu’a une bande de petites crapules aux rêves de grosses bagnoles.
- « Ca va aller ? » dit Oscar
- « Je pense que oui…
- Ecoute… » continua-t-il « Fait vraiment gaffe à tes fesses, ces gars sont sérieux. Ne commets aucune erreur par rapport à ce que tu leur raconteras, et ils accepteront ta… « candidature »
- Je sais, Oscar, je sais » lui répondit-elle sur un ton mêlant crainte et exaspération « On a répété ce con de rôle je ne sais combien de fois. T’inquiètes et te fais pas de bile, merde… »
Oscar la regarda droit dans les yeux. A ce moment là, il était bien incapable de savoir lequel des deux avait le plus la frousse. Une main ferme cogna ses phalanges contre la portière de la camionnette. Le couple étrange se dévisagea, profitant de quelques secondes de silence.
- « C’est le signal » dit d’une voix imperceptiblement tremblante la jeune femme « je dois y aller.
- Oui, je sais… Ecoute, je sais que je vais me répéter. Fais vraiment gaffe à ce que tu vas raconter. Ca fait plusieurs jours qu’on dort mal à cause de ces enfoirés, ce n’est pas le moment de se faire plomber par un lapsus ou une phrase malheureuse. Dans le camion, j’entendrai tout, si je vois que ça merde, j’appelle la cavalerie, vu ? »
Calixte fit face à Oscar, et sans le quitter des yeux, elle enfila son blouson de cuir, comme si c’était la dernière fois.
- « Vu »
Elle ouvrit la porte coulissante d’un geste souple de la main, et ferma derrière elle. Les caméras de surveillance de la zone affichèrent à l’écran le trajet de la policière. Oscar prit une cigarette, et alluma le pupitre d’écoute. Les yeux électroniques suivaient le parcours de la femme, accompagnée du contact interne à la bande qui marché à côté d’elle, celui là même qui venait de taper à la porte de la camionnette. Les volutes de fumée peuplèrent l’habitacle du véhicule de surveillance de l’étrange lumière bleutée des écrans de surveillance. Le son était correct, et restituait les banalités que s’échangeaient l’indic et Calixte Tout se passait pour le mieux, et la policière entra sans problème dans le bâtiment. Des sons de discussion envahirent le casque de Oscar.
- « Aaahh ! Ca y est poupée, on va t’affranchir ! C’est sûr qu’tu nous intéresse…
- Ah ouais ? C’est bon ? » répondit l’accent caractéristique de la policière.
- « Ouais ! Sûr… On va juste vérifier tes poches avant, comme d’hab, ok ?
- Ok »
Les bruits d’une fouille à corps commencèrent, pour cesser qu’une poignée de secondes plus tard.
- « Putain ! Mais r’garde ça ! » dit une voix masculine « elle est armée ! »
Si les yeux de Oscar avaient pu sortir de leurs orbites, il les aurait retrouvés sur le pupitre. « Putain… » pensa-t-il « j’ai même pas fait gaffe si elle avait laissé son calibre ! ». La bévue était de taille. « Pourvu que ça soit son arme perso ! ».
- « Merde ! » continua l’homme invisible « c’est une arme de flic ! »
- « Merde » répondit en écho Oscar « c’est son arme de service ! »
Oscar jeta sur le côté le casque, et essaya d’avoir un contact radio.
- « Ici véhicule d’observation 2, répondez, merde, c’est une urgence ! »
Les parasites lui répondirent en guise d’accusé réception.
- « Fait chier ! » hurla le flic.
Il sortit du tiroir une oreillette pour avoir le feedback de la suite des évènements, et sortit en trombe du compartiment, pour sauter sur la place du chauffeur. Manifestement ça tournait à l’aigre. Calixte criait à qui voulait bien l’entendre qu’elle avait volé l’arme à un agent, pendant que l’indic se justifiait sur le fait qu’il ignorait complètement si elle était flic ou non.
- « Craque-pas-putain-craque-pas-putain-craque-pas-putain » lança Oscar dans une étrange prière répétitive.
Il mit le contact et lança le véhicule. A l’autre bout du micro, l’agitation continuait, et les ordres fusaient en directions des lieutenants de la bande. Ces enfoirés comptaient faire causer Calixte d’une manière ou d’une autre. La dernière fois que ces types avaient voulu avoir des renseignements, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils avaient cuisiné la victime façon « médiévale ». Le corps avait été retrouvé 16 heures après le décès, dans un état qui laissait l’imagination galoper quant au potentiel de barbarie dont ces gens étaient capables. Le type ressemblait à un étrange mélange d’une toile de Picasso avec une œuvre de Francis Bacon. Les coupures profondes se transformaient par endroit en crevasses brûlées, des lambeaux de peau pendouillaient lamentablement autour de la carcasse du malheureux, dont les bras se terminant sur les restes de mains sans doigt, étaient transpercés à des crochets de boucher. « L’œuvre d’art » pendait à cinquante centimètres du sol.
A l’autre bout du fil à sens unique, les ordres se succédaient.
- « Mais non… on sait qu’t’es pas flic, mais on va juste vérifier.
- Lâchez-moi, vous m’faites mal… Aaaah !
- Ta gueule ! On va pas t’faire mal…Enfin, pas ici ! Rico, Günter, vous m’emmener cette p’tite pute dans le local… On verra si elle raconte des salades.
Alors qu’Oscar arrivait au bout de la rue, il vit la voiture noire attendre portes ouverte l’arrivée de la jeune femme, solidement tenue par deux hommes, pendant qu’un troisième, le chauffeur sans doute, attendait près du véhicule. Oscar fit gueuler le moteur de la camionnette, et atteignit ainsi son but : attirer l’attention. Oscar vit distinctement les visages se retourner pleins de stupeur, celui de Calixte compris. Oscar ouvrit la porte de la camionnette rageusement, et sortit déterminé du véhicule. Ce fut le chauffeur de la voiture qui rompit le silence.
- « Putain ! Mais c’est quoi c’bordel…
- Ta gueule ! Police ! » lui coupa sèchement Oscar sans interrompre sa marche vive en direction de Calixte « Cécilia Goribovitch ? » lança-t-il en direction de Calixte
Cécilia était le nom qu’ils avaient choisi pour construire la fausse identité de délinquante à Calixte, pour assurer sa couverture.
- « O… Oui ? »
Le poing de Oscar partit à une vitesse fulgurante en direction de l’estomac de la jeune fille, encore tenue par les hommes de main du gang. Elle eut le souffle littéralement coupé, et jamais elle n’avait supposé qu’un coup de poing dans l’abdomen fut si douloureux.
- « Oooof ! » hurla-elle
La tête penchée vers l’avant, elle ne vit pas le genou partir en direction de son visage. Le cartilage nasal cassa dans un crac sinistre, éclaboussant de sang la chaussée.
- « Huugnnn… »
Vif comme l’éclair Oscar dégaina son arme montra sa plaque aux petits truands, juste à temps pour qu’ils se retiennent dégainer à leur tour.
- « Vous mêlez pas d’ça ! Si c’est vot’ copine, trouvez-lui un putain d’avocat ! » Hurla-t-il en direction du groupe de jeune.
- « Mmmmerde… » Balbutia Calixte, pliée à genou sur le goudron, admirant la flaque de sang qui grandissait « Qu’est ce…
- TA GUEULE ! » coupa Oscar.
Il la saisit alors par les cheveux, la faisant hurler de douleur, et l’envoya balader jusqu’à ce quelle s’écrase comme une chose désarticulée sur le devant de la camionnette, laissant des traces rouges sur le capot blanc. Elle s’étala de tout son long sur la chaussée, à plat dos.
- « Heuuu… M’sieur… » lança timidement le chauffeur « on peut savoir c’qu’elle a fait ? »
Oscar était déjà sur elle, saisissant l’un de ses bras, et le bloquant en bec de canne, tendant son articulation du coude vers lui. La violente pression exercée sur le bras lui arracha un cri de douleur, et il la retourna comme une crêpe, face contre terre.
- « Cette connasse vient de faire une agression sur agent, et lui a tiré son arme…. Allez hop ! Au trou ! »
Les gangsters étaient ébahis. Pour couronner le tout, une voiture de patrouille, qui passait par hasard dans le coin, se mêla du problème. Oscar colla les bracelets à Calixte de la manière la plus désagréable possible, et la releva sans ménagement.
- « mmaaiis… mais…
- Y a pas d’« mais », ta gueule, poufiasse ! » Acheva Oscar.
Deux flics en uniforme sortirent de la voiture pie, et Oscar les héla.
- « Vous me coffrez cette conne pour agression sur agent et vol d’arme !
- Bien » répondit l’une des deux bleusailles
- On a un avocat » lança le chauffeur à Calixte « On va te sortir de là ! »
« Gagné » se mit à penser Oscar « elle vient de se faire affranchir ». Et là, au moment où il vit disparaître le visage de Calixte dans la voiture de police, il vit le regard noir de colère de la jeune policière le fixer, plein de hargne.
- « Z’avez beau êt’ flic… » lui lança un des jeunes « … vous êtes qu’un putain d’enculé »
Les jeunes disparurent dans le local, à l’exception du chauffeur qui partit avec sa voiture, s’éclipser dans une sombre intersection de rue. Oscar se remit au volant de la camionnette, et mit le contact. Trois pâtés de maisons plus loin, il enleva l’oreillette, et la lança sur la place du mort. Il pila, stoppant la camionnette au milieu de la rue, et il se mit à pleurer comme un bébé.





